Nouvelle
mobilisation à Madrid
Le
gouvernement espagnol, désemparé
face à cette déferlante d'émigrants sur
les Canaries, qui pulvérise tous les records historiques, va
repartir à l'offensive diplomatique
auprès de l'UE et des pays africains pour tenter d'obtenir
de l'aide.
Dans les
Canaries la scène est devenue routinière
pour la population, chaque jour des
centaines d'Africains, tremblants, parfois
pieds nus, assoiffés et affamés, y arrivent et sont
immédiatement pris en charge par les hommes
de la croix rouge. La population s'habitue,
trouve presque cela normal.
Depuis le début
de l'année, le bilan dépasse les 17.000,
pulvérisant le record établi dans l'archipel pour
toute l'année 2002, avec quelque 9.900 personnes.
Samedi, le gouvernement
central a promi une nouvelle offensive
diplomatique en Afrique et en Europe qui semble vouloir allier
fermeté et aide au développement. Le
chef du gouvernement, José
Luis Rodriguez Zapatero, a
déclaré, que le
défi de l'immigration illégale est
sérieux, compliquéet difficile et qu'il faut
impliquer l'Union européenne et
les gouvernements des pays dont vient l'immigration
irrégulière qui arrive sur les côtes
des Canaries.
Maria Teresa Fernandez de la Vega,
la numéro deux
du gouvernement espagnol, se rendra
dans les prochains jours en Finlande,
pour exiger de nouveaux engagements de l'UE devant le
phénomène de l'immigration illégale.
L'Europe a déjà mis à
disposition
de l'Espagne des ressources de l'agence pour la coordination des
frontières extérieures de l'UE (Frontex). Mais la
confusion règne sur la date du début des
opérations de surveillance aérienne et maritime.
Alfredo Perez Rubalcaba, le
ministre espagnol de
l'Intérieur, se rendra lundi au
Sénégal, point de départ de beaucoup
de ces clandestins provenant de différents pays d'Afrique,
pour "exiger" que le gouvernement de ce pays empêche les
départs continuels de clandestins vers les Canaries.
M. Zapatero a
annoncé que l'Espagne va doubler dès 2007 son
aide internationale au développement, environ 650 millions
d'euros pour cette année, en estimant que la lutte contre la
misère était le seul moyen de faire face au
problème de l'immigration.